Découverte de… la Reverb (2)

TL Space (Trilium Lane Reverb)Quand on parle d’effets, le plus fréquemment cité reste à coup sur la reverb. Après avoir abordé récemment les raisons qui nous poussent à utiliser cette fameuse reverb dans nos mixes ainsi que son principe acoustique, il est temps d’aller plus loin en distinguant les divers types de reverb principaux à notre disposition, que ce soit sous forme matérielle ou en tant que plug-in de nos chères STAN (Stations de Travail Audio-Numériques). Pour ce faire, rien de tel qu’un petit voyage dans le temps…

Différencier les Reverbs

Pour comprendre rapidement quels sont les divers types de reverbs « classiques » ou courants, voici quelques précisions quant à leur principe de fonctionnement et surtout, des exemples audio. Nous expérimenterons autour d’une simple boucle de batterie, que je vous propose tout d’abord d’écouter (si possible avec vos meilleures écoutes ou casque) sans aucun ajout de reverb, donc uniquement en son Sec (ou Dry).

Drums Dry

Dans tous les exemples suivants, c’est la même partie de batterie est qui est utilisée. Seuls les Overheads et la Caisse Claire seront maintenant envoyés dans une reverb commune, avec différents programmes successifs.

Recréer physiquement des réflexions

Comme nous l’avons déjà expliqué, la reverb n’est autre qu’une somme de multiples réflexions du son dans un espace donné ou pour faire plus simple, un son direct auquel s’ajoutent x versions retardées de ce même son initial. Dès lors, la première méthode historique qui s’est imposée pour ajouter de la reverb aux enregistrements studio consista à utiliser une pièce dédiée, la Chambre d’écho.

  • Reverb Chamber : le principe est en fait tout simple. On envoie (depuis un départ auxiliaire de la console) le signal à traiter dans un haut-parleur, lui même placé dans une pièce à la réverbération naturelle jugée intéressante, la Chambre d’échos. On récupère ensuite le son de la pièce, à une certaine distance du haut-parleur, via un ou deux microphones, que l’on réinjecte enfin dans la console comme un retour d’effet. Le tour est joué ! Évidemment, l’inconvénient principal reste de disposer de ladite pièce…

Drums + Chamber Reverb

  •  Reverb à Ressort : bien qu’au départ imaginé dès les 40’s par la firme Hammond pour équiper ses orgues, ce n’est qu’au début des années 60 que ce type de reverb se verra popularisé grâce aux amplis de guitare de Mr Fender. En effet, le principe est beaucoup plus miniaturisable que l’exemple précédent. Ici, on envoie le signal via un simple transducteur qui met en vibration un (deux ou trois le plus souvent) ressort(s). Un transducteur à l’autre extrémité récupère les vibrations générées pour ensuite les renvoyer dans la console. C’est ainsi qu’en tapant un peu fort du poing sur un ampli doté d’une vraie reverb à ressort, vous entendrez ce « Boinng ! » très caractéristique, que l’on associe régulièrement au sons Surf-rock ou Rockabilly. Envoyer une caisse dans une reverb à ressort n’est pas forcément très naturel, « acoustiquement parlant », mais peut tout à fait convenir pour un effet Dub, par exemple. Au fait, en Anglais, on dit Spring Reverb

Drums + Spring Reverb

  • Reverb à Plaque : En 1957, la marque EMT sort la célèbre reverb à plaque EMT 140 beaucoup plus utilisée dans les studios que la reverb à ressort mais toujours beaucoup moins Reverb EMT 140encombrante et couteuse qu’une chambre d’écho. La reverb à Plaque (ou Plate Reverb) est basée sur le fait d’envoyer le son non plus dans un ressort mais cette fois dans une large plaque de métal flexible. Le son en deux dimensions n’est toujours pas très réaliste ou naturel, pourtant il reste très apprécié par beaucoup de mixeurs, au choix sur des cuivres, des caisses claires ou des voix, un de ses intérêts étant de ne pas associer la reverb générée à un espace donné.

Drums + Plate Reverb

  • Reverb à Algorithmes : la technologie aidant et grâce au développement des micro-processeurs, nous arrivons tout doucement fin 70’s, début 80’s avec les premières reverbs numériques. De nouveau, c’est EMT qui innove en proposant sa fameuse 250 (1976). Ce sont maintenant des algorithmes mathématiques qui vont ajouter aux son direct de multiples et complexes lignes de retard, recréant ainsi le principe d’une reverb acoustique. Selon le calcul appliqué, il devient possible de simuler différents types d’espaces ou tailles de pièces. Les exemples les plus courants seront des programmes Rooms (pièce « classique », plutôt rectangulaire), Halls ( grande pièce à l’architecture plus complexe) ou Churches (à priori encore plus grande et plus complexe). On peut également trouver des programmes « spéciaux » et irréalistes, comme les reverb Gated (la reverb se coupe abruptement, comme après être passée dans un Noise-Gate) ou Reverse (elle augmente au lieu de diminuer). Ces derniers programmes sont parfois classées dans la catégorie Non-Linear.

Drums + Room Reverb

Drums + Hall Reverb

  • Reverb à Convolution : la dernière née chronologiquement (au début des années 2000) et sous forme logicielle (la plus connue étant l’Altiverb d’AudioEase). Pour essayer de comprendre, supposons que vous soyez dans une église et claquiez de mains. Techniquement, vous produisez une Impulsion. Ce que vous entendez ensuite (la reverb créée par l’environnement) est la Réponse Impulsionnelle. Partant de là, le principe (simplifié) est assez facile à expliquer : il suffit d’enregistrer, dans un lieu donné, ce qui se produit lorsqu’on émet une série d’impulsions sur l’ensemble du spectre audible. L’enregistrement résultant est donc la somme des impulsions et des réponses impulsionnelles propre à ce lieu là et à aucun autre. En comparant ce résultat avec les impulsions de départ, il devient (relativement) aisé pour un spécialiste d' »extraire » la réponse impulsionnelle du lieu choisi. Ainsi, vous pouvez sans quitter votre Home-Studio placer vos instruments dans la reverb exacte du studio Truc ou de la salle de concert Machin. Brillant et imbattable en ce qui concerne le réalisme ! Petit désavantage : assez grosse consommation au niveau du processeur de l’ordinateur et poids informatique assez (voire très) lourd en raison du nombre de convolutions stockées. Les deux exemples suivants sont créés avec la IR-L de Waves et sont respectivement les convolutions de la Wembley Arena de Londres et du mythique club CBGB de New-York :

Drums + Wembley Arena Reverb

Drums + CBGB Reverb

Vous voici maintenant plus éclairés quant au divers types de reverbs dont nous disposons en général et qui sont à priori le premier choix à faire lors de la mise en place d’une reverb dans vos mixs, tant il est associé à une identité sonore. Ce qui nous conduit tout naturellement aux réglages des autres paramètres, que nous verrons plus tard…

Et vous, quels sont les types de reverb que vous utilisez le plus ?..

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